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 Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]

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MessageSujet: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Dim 7 Nov - 1:17

Chouette petit coin de paradis que je m'étais trouvé. Et pourtant, en arrivant je n'aurai pas parier que les lieux étaient si hospitaliers.
Nous sommes à Paris. En tout cas, là où se tenais Paris il y a encore quelques années. Je le sais parce que j'ai vu une pancarte dans les décombres, le cadavre de la Tour Eiffel et qu'un fleuve boueux passe par là. Avec tous ces éléments au même endroit, je pense que je suis en droit d'affirmer qu'il s'agit bien de Paris. La ville lumière...N'a plus rien de lumineux. En cette journée grise et venteuse (mais ici, quelle journée ne l'est pas ?) je me baladais entre les ruines. Sur les restes d'un pont pour être exact. Il avait du s'effondrer depuis pas mal de temps déjà et la moitié trempouillait dans l'eau tandis que le reste se tenait fièrement au-dessus des flots grisâtres et agités. La Seine avait retrouvé son état sauvage. Les pavés du canal s'étaient délogés pour la plupart et entre les tremblements de terre et les tempêtes incessantes, les berges étaient ravagées. Et comme pour donner raison à la phrase "Sous les pavé de Paris, il y a du sable", certains endroit étaient devenus de vrais petites plages de sable. La végétation avait poussée et des étendues de marécages avaient vu le jour. Le quartier des Marais avait retrouvé son état d'origine c'est à dire...un marais. Et plutôt du genre puant et dangereux maintenant que des bestioles immondes s'y balades joyeusement. Je n'y met pas les moustaches.
Je disais donc que j'étais sur un reste de pont. Sur la partie écroulée pour être précis. Il devait être presque midi et mon estomac criait famine. Heureusement, je savais où je pouvais le remplir: la rivière, bien que sale, grouillait de crevettes très savoureuse. Il suffisait de savoir où chercher, parvenir à cet endroit et se pencher pour les attraper. J'avais développé la technique de l'ours brun lors de la pèche au saumon: d'un coup de griffe j'expédiais les crevettes derrière moi. Une fois assez de crevettes réuni, je les emmenaient loin pour les manger puis j'enterrais les restes.
Mon repas fut fastueux: cinq crevettes violines de la taille d'une main humaine très large. Je les avait décortiqué avec les griffes et les dents et savouré la chair riche en protéine. Un vrai délice. Une fois mon festin terminé, je trouvais un coin de vraie terre et creusais avec application. Je poussais les restes dedans et rebouchais en tassant bien. Il n'était pas question de laisser l'odeur attirer les prédateurs. Je tenais à garder mon coin "table à manger" propre de toute vermine. Et voila, je pouvais reprendre ma balade. Je me faufilais entre les décombres, attentif au moindre bruit. Ma fourrure ne me rendait pas particulièrement discret. Mais j'étais aussi silencieux qu'une ombre, je me fondais dans les zones sombres et j'étais à l'affut du moindre bruit et du moindre mouvement. Le vent qui pour une fois soufflait doucement m'apportait tout un tas d'odeur sans grand intérêt.
Je fini par me trouve un point d'observation en hauteur: un appartement effondré à moitié dont il ne restait plus que les deux premiers étages et deux murs sur quatre. Je grimpais sur un tas de gravas au sommet et observais le paysage, les sens en éveil. J'étais une flamme rousse au milieu du gris du ciel et de la poussière.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mer 1 Déc - 0:01

[Je viens dire "coucou" à mon cousin xD]

Taiga huma l'air avec suspicion. Ses cheveux dansaient doucement sous la caresse légère du vent. Majestueuse, la jeune Hut surplombait le vestige d'une ville. L'amoncellement des ruines étaient la preuve du désastre apocalyptique qui avait fait rage, il n'y avait pas si longtemps. Mais, quel que fut la royauté de cette ville, elle n'était plus qu'un amas de débris, éparpillés un peu partout, sans plus la moindre structure architecturale. Les monuments d'autrefois portaient maintenant les marques du temps, et les traces d'insectes affamés.
C'était Paris. Paris, mais Taiga l'ignorait. Paris devenu un marécage nauséabond gigantesque, où seuls des insectes charognards régnaient en maîtres. Rois de la débauche et de la perversité, ils s'entretuaient, poussés par la faim, ou se battaient pour des restes de pauvres âmes qui n'avaient pas encore survécu. Les plus sournois et vicieux d'entre eux, osaient s'approcher de l'homme, et dérober une partie de sa structure moléculaire en guise de repas. Le résultat restait les insupportables démangeaisons, qui arrivaient à en pousser plus d'un aux portes de la folie.
Taiga avait marché toute la journée. Une journée entière à se repérer dans ce monde macabre, oublié dans des ténèbres qui ne cessaient de croître, où des silhouettes humaines fantomatiques essayaient tant bien que mal de survivre. Car tout n'était plus qu'une question de survie à présent. Les besoins si respectueux de l'homme d'autrefois, avaient été anéanti par l'instinct primaire qui refaisait dangereusement surface. L'instinct de survie. Heureusement, les hommes n'en étaient pas tous arrivés là. Seulement les plus fous ne parvenaient plus à faire preuve d'un soupçon de rationalité. Ils n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes.
Taiga avait fini par dénicher une petite corniche, abritée du vent par le vestige d'un mur. Elle n'avait pas eu de mal à se hisser dessus, pour finir par s'y lover, prenant un minimum de place. Roulée en boule, serrant Mr. K (sa peluche) contre elle, la jeune Hut s'était rapidement endormie, épuisée. La corniche, très étroite, était juste suffisante pour un enfant. Mais cela ne l'empêcha pas de bien dormir. Sommeil entrecoupé par de brusques sursauts, lorsqu'un bruit inhabituel, même léger, se faisait entendre. Comme tout félin, son ouïe était vraiment sensible, et Taiga ne pouvait se vanter d'avoir un sommeil de plomb. Elle vivait en tant que tigre, non en tant qu'ours ou marmotte.

Et ce soir allait être la nuit de la Dame Blanche.
Taiga n'avait pas beaucoup dansé ces derniers temps. Cette opportunité allait lui occuper chaleureusement l'esprit. Si la Dame Blanche n'était pas là, Taiga n'aurait certainement pas survécu. Son sens familial et les liens qui la retenait encore à sa patrie était vraiment trop fort pour qu'elle pût y faire totalement abstraction.
Taiga plissa ses beaux yeux jaunes, encadrés par de délicats cils noirs. La ville s'étendait sous ses yeux. La puissance de cette réalité s'imposa à son esprit, impitoyable. Elle était reine. Oui reine d'un monde chaotique, dépourvu de toute gloire, gloire ayant sombré dans un lointain passé, pourtant pas si éloigné que ça. Mais à ses yeux, il s'était écoulé des millénaires. Taiga aurait pu hautement se satisfaire de cette impression délectable, si son estomac ne l'avait pas brutalement ramené à l'ordre.
Faim.
La faim rongeait son ventre, inflexible. Ce simple mot eut sur elle l'effet d'une décharge électrique tandis que le prédateur étirait ses muscles avec délice. Si elle en avait été capable, Taiga aurait certainement poussé le rugissement de sa vie.
Faim.
La sensation s'intensifia, prenant une ampleur démesurée. Tout autre chose fut totalement oublié, voilà par la dimension de cette impression. Elle voulait manger. Comme par magie, le vent lui apporta l'odeur vivifiante d'une chaire tendre, au parfum légèrement sucré. Taiga n'hésita pas une seule seconde avant de s'élancer. La pensée d'un repas proche, l'obnubila totalement. La bête avait pris le dessus éhontément, avec une aisance presque remarquable. L'instant d'après, elle se trouvait face à l'origine de cet arôme si délicat. Seulement, lorsque ses yeux se posèrent dessus, elle s'arrêta net.

Devant elle se tenait un chat. Un chat plus grand que la normal, au pelage roux flamboyant. Elle voyait sa fourrure chatoyer admirablement, lui envoyant l'image nostalgique du soleil de son monde. Le chat était beaucoup trop imposant pour être quelconque. Son regard brillait d'une intelligence titanesque. Une aura de puissance émanait doucement de lui. En le voyant, Taiga sut que ce n'était pas juste un chat. Elle percevait quelque chose d'autre. Quelque chose d'étrangement familier, qui la transportait vers des contrées appartenant à sa vie antérieur. Du temps où elle n'était qu'un tigre.
La faim était partie. Elle avait laissé place à un étonnement que Taiga ne s'efforçait de cacher. Elle ne savait pas s'efforcer. Elle ne savait pas passer pour autre chose qu'elle-même. Elle savait juste être elle. S'accroupissant, elle passa ses bras autour des bottes, et penchant la tête sur le côté, posture habituelle qui marquait sa surprise. Son regard dévisageait l'animal avec une curiosité courtoise, et son nez frémit légèrement lorsqu'elle huma encore un peu l'odeur qui s'en dégageait.
Machinalement, geste tellement détaché qu'elle ne dut même pas s'en apercevoir, ses ongles grattèrent la boue crasseuse qui avait élu domicile sur ses bottes, ternissant leur blancheur immaculée.
Accroupie, elle observait en silence, loin de l'animal qui guettait sa proie. Son éducation hutienne, surpassait de beaucoup ses instincts.
Et la faim avait disparu.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mer 1 Déc - 0:31

Ce fut une bourrasque qui m'apporta son odeur. Mon premier réflexe avait été de fuir. Bondir de mon monticule, me réceptionner par terre et partir au grand galop. Je n'aime pas me battre contre les créatures de ce monde. Soit elles sont trop puantes, soit trop bête soit trop dangereuses. Et puis je ne suis pas fait pour ça, tout simplement. Ce n'est jamais ma première pulsion. Au fond de moi je garde les traces de millénaires passés à être fantômes parmi les êtres de chair.
Mais quelque chose dans cette odeur était différent et me cloua sur place. Pour une fois ca ne puait pas la pourriture. Ami ? Je n'eus pas le temps de réfléchir plus que l'inconnu état sur moi. Ou devrais-je dire, l'inconnue. Je m'étais ramassé sur moi même, grosse boule de poil flamboyants dans ce monde aux nuances de gris. Par réflexe, quand même. Au moment où je me sentit compressé par un corps bien plus grand que le mien (pour l'instant). Je me dévissais le cou et plongeais mon regard émeraude dans celui ambré de mon assaillante. Elle avait l'intention de me bouffer ou de me transformer en descente de lit ? En tout cas, avant de se radoucir, elle avait l'air décidé à me transformer en un truc peu enviable. Mais apparemment, elle ne s'attendait pas à ce que je sois...Moi. Elle ne m'avais donc pas repéré à la vue ? Etrange. Mais pas impossible dans ce monde devenu fou.
Elle se détendit et s'écarta pour me laisser me relever. Accroupis, les genoux entre les bras, elle penchait la tête sur le côté, intriguée. Comme je l'étais aussi, je penchais moi aussi la tête sur le côté. On avait l'air fin, à se dévisager de la sorte ! La surprise passée, son odeur répertoriée, je m'ébrouais et entrepris de me lécher l'épaule un instant, comme tous les chats le font quand ils sont décontenancés. Elle était mignonne, avec ses longs cheveux verts et ses yeux dorés. Et il y avait quelque chose chez elle qui me rappelait de vieilles connaissances disparut. Un je-ne-sais-quoi très...félin. Sa pose, ses manières, ses gestes mesurés, précis, gracieux. Une vague odeur de végétation émanait d'elle, comme si elle ressortait d'un long séjour dans la forêt ou la jungle.

Bon, on allait pas rester planter là comme des endives, à attendre que que la pluie tombe. Comme elle semblait avoir donné sa langue au chat (au chat...héhé...C'est moi le chat...Non ? Vous comprenez pas ? Tant pis), je pris la parole. En général, je me surprenais moi même quand j'ouvrais la bouche. D'abord parce que je parle très, très peu. Ensuite parce que si je suis dans le corps d'un chat, même anormalement gros, j'ai une puissante voix de stentor qui vibre frot dans les basses. Le ton est doux mais on sent toujours une vibration de l'air, quelque part dans la poitrine. Alors quand une voix comme ça sort d'un assez petit corps... Ca surprend un peu en général. Même si on a la politesse de ne pas le souligner.

-Je sais que j'ai l'air appétissant mais je te promet que tu ferais une mauvaise affaire avec moi. Je te remercie de m'avoir lâché. C'est parce que tu as vu que j'avais plus de poils que de chair ou il y à une autre raison à cet élan de bonté ?-

Je la fixais de mes yeux verts, attentif aux moindres de ses gestes. Quand deux chasseurs se font face, la plus basique des règles c'est de toujours garder un oeil sur celui d'en face. Elle avait voulu me faire la peau, elle pouvait recommencer, des fois que la faim la torture trop. Ce serait bête de se faire avoir deux fois de suite.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Jeu 2 Déc - 0:55

Katy. Ce nom vibrait dans ses oreilles. C'était le nom de son amie, d'un Hut habité par le chat, avec qui elle avait souvent l'habitude de jouer lorsqu'elle était petite. Katy c'était des traits fins, une paire d'yeux d'un vert exceptionnel, comme ceux qu'on en voit jamais. Ou vraiment très rarement. Encore plus qu'elle, Katy inspirait la grâce et la patience, à laquelle s'ajoute une profonde paresse. Nonchalante, désabusée, elle faisait également les choses quand et comme elle le souhaitait. Pourtant cette douceur apparente, dissimulait sa mesquinerie prédatrice, et son tempérament quelque peu cruel. Néanmoins très joueuses, les deux amies avaient bien souvent participer aux mêmes jeux. Ce fut n grandissant qu'elle acquit une personnalité plus calme et posée, pleine de responsabilité respectueuse, qui refoulèrent légèrement ses vagabondages naïfs et énergiques de son enfance.
Voilà ce que Taiga connaissait des chats. Et le pelage de celui qui se tenait en face d'elle, lui remémore la chevelure épaisse et douce de Katy. Ce souvenir se superposa avec délicatesse devant le chat, pour s'évaporer aussi timidement et rapidement qu'elle était venue. Image éphémère, déferlement de souvenirs qui ne dura guère longtemps.

En face d'elle, le chat avait bougé. Sa tête se pencha en douceur sur le côté, imitant parfaitement la posture intrigué de Taiga. Il semblait également assez surpris, bien qu'il gardât une certaine méfiance à son égard. Taiga comprit aussitôt qu'il se tenait près à prendre la fuite au moindre pas offensif de sa part. Mais la Faim c'était rendormie, ronronnant avec amour au creux de son ventre. Sa curiosité avait, cette fois, prit le dessus, et Taiga se trouvait bien trop fascinée pour qu'il terminât dans son estomac.
Puis il parla. D'une voix profonde, qui fit vibrer chacun de ses membres. Une voix pourtant rassurante, semblant avoir traversé des époques lointaines et indénombrables, emplie de sagesse. Le fait qu'une voix aussi imposante pût sortir ainsi de gueule, ne l'étonna pas plus que ça. En revanche, Taiga eut un léger sursaut surpris, et ses yeux s'écarquillèrent davantage lorsqu'elle saisit le sens de la phrase. Par ce que ça signifiait que le chat savait parler. Qu'il connaissait les mots et s'en servait.
Les Hut comprenaient parfaitement les animaux, quels qu'ils fussent. Néanmoins, même si cette compréhension ne se transcrivait pas avec la parole, mais avec la manière d'être et les sons qui s'échappaient d'eux, un Hut pouvait tenir "une conversation" unique envers un animal. Bien évidemment, jamais un Hut tigre ne comprendra aussi bien un dauphin qu'un Hut dauphin, et vice versa, mais la compréhension demeurait.
Mais la parole, était le propre de l'homme. Ce qui prouvait leur côté humain. Et jamais, Taiga avait entendu un animal s'exprimer à haute voix, par des mots qui avaient une signification bien précise.

-Je sais que j'ai l'air appétissant mais je te promet que tu ferais une mauvaise affaire avec moi. Je te remercie de m'avoir lâché. C'est parce que tu as vu que j'avais plus de poils que de chair ou il y à une autre raison à cet élan de bonté ?-

Il n'avait pas cessé de la fixer un seul instant. Taiga ne le lâcha pas des yeux et ne bougea pas. En revanche, le grattement machinal de ses ongles s'arrêta. Ses bottes étaient loin d'être propres, mais, la jeune Hut ne s'en aperçut pas, son attention entièrement focalisée sur le chat.
Après encore un long moment où elle ne fit rien, sa tête se secoua doucement, mais sûrement de gauche à droite, indiquant clairement la négation. Puis, elle se pointa du doigt et dit :


-Taiga.

Les Hut parlaient rarement. Pourtant, devant elle se tenait un être exceptionnel, aussi elle pouvait bien faire l'effort de se montrer bavarde en petit moment.
Déplaçant son doigt fin dans la direction du chat, elle ajouta, d'une voix curieuse et fascinée :


-Chat ?

On aurait clairement pu penser que c'était la première fois de sa vie qu'elle en voyait un. C'était en partie vrai. Pour la première fois de sa vie, elle se trouvait face à un chat qui parlait.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Jeu 2 Déc - 2:02

Alors oui, elle était mignonne et féline mais pour ce qui était du langage, on pouvait repasser. Sa voix était douce mais les mots sortaient comme si on les poussaient de force. Soit elle ne maniait que les rudiments de la langue terrienne, soit elle se savait tout simplement pas vraiment parler. Je clignais des yeux, interloqué. Les petits d'humains parlaient comme ça au début. Ils apprenaient petit à petit le vocabulaire et s'exprimaient par mots et par idées plutôt que par phrases construites selon une syntaxe définie. Pourtant, elle semblait savoir ce qu'elle voulait, pas comme les enfants qui peine un peu à s'exprimer: ils pensent d'abord à ce qu'ils veulent dire puis se concentrent sur les mots, les placent dans l'ordre qui semble le meilleur et font avec. Tant pis si ce n'est pas exactement ça, l'adulte se débrouillera. En revanche, mon étrange interlocutrice n'était pas comme ça. Elle avait l'air au contraire de choisir le moins de mots possible exprès. Même si ça lui coutait. Un peu étrange mais pourquoi pas.
Son nom me sonna familier. Je ne connaissais personne avec un prénom pareil mais je savais que la taiga désignait les forêts boréales du grand nord. Elle était pourtant tout le contraire d'une contrée glacée. Quand elle me désigna comme "chat", je ronronnais, amusé. OUi, j'avais l'air d'un chat mais que l'on me prenne vraiment pour ce petit félin avait le don de me faire rire. Je me tâtais un instant: allais-je lui révéler ma véritable apparence ? Pourquoi pas, elle semblait vive d'esprit et ne fuirait surement pas en courant. Mais la patience est une vertue que j'aime cultiver et je voulais voir si elle en était dotée. Je lui répondis d'une voix douce:

-Non petite, pas tout à fait. Mais si tu veux voir à quoi ressemble mon âme, tu devras attendre que la lune se lève. Elle sera là dans quelque heures.-

Puis une idée me vint: elle avait faim, il fallait la nourrir. Je n'étais pas certain qu'elle accepte mon aide mais ça valait le coup d'essayer. Et puis en lui donnant de quoi manger, je descendrais dans la liste des plats potentiels. Je me levais et d'un mouvement de queue, lui fit signe de me suivre. Quelque chose me disais que le langage corporelle ne lui posait pas de problème, encore moins s'il s'agissait d'un félin. Je me retournais et sautais dans les décombres, silencieux comme la nuit. Mes mouvements étaient fluides et souple et je rejoignis bientôt la terre ferme. Ma robe enflammée chatoyais de reflets roux sous un timide rayon de soleil qui perçait les nuages. C'était une lumière plus blanche et froide que chaude et dorée mais c'était mieux que rien. Une présage concernant ma rencontre ?
Sans me retourner, je partis en trottant vers mon coin de pêche. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir que j'avais piqué la curiosité de Taiga. Rester à voir si elle me suivrait. Mais elle semblait intriguée par ma nature alors l'espoir était permis. Je ne tardais pas à rejoindre la rive où je pêchais presque chaque jours. Les oreilles aux aguets, le museau au vent, je n'avais repéré aucune odeur suspecte dans le coin. Personne n'avait mis les pied ici mis à part moi. Ma trace était présente bien que ténue car mon passage remontait à plusieurs heures déjà.
Je me perchais sur un bloc que béton qui tombait en miettes et me léchais rapidement la patte pour la passer derrière mon oreille. La rivière coulait juste en dessous, grise et morne, comme d'habitude.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Jeu 2 Déc - 2:36

Taiga sut, avant même qu'il ne répondît, qu'il n'était pas un chat. Enfin si, il avait l'apparence d'un chat. Mais là s'arrêtait la ressemblance. La voix était trop gutturale pour être celle d'un chat. De plus, le chat ne parlait pas. Son ossature trop imposante pour qu'il fusse uniquement un chat. Et son aura trop assagie. En bref, c'était beaucoup de "trop" pour un chat. Elle avait conclu qu'il n'en était pas un. Ou du moins, pas un chat de la même famille que les hommes avaient l'habitude d'utiliser comme animaux de compagnie. C'était la Grande Sage qui lui avait raconté cette histoire lorsqu'elle était petite. Alors si la Grande Sage le disait, c'était vrai.
Taiga avait, toujours naïvement cru, que les Hut étaient la race parmi les races. Sa vie c'était toujours limitée aux aux champs, et aux lacs qui bordaient la petite forêt entourant son village. Il n'avait jamais été nécessaire d'aller voir plus loin.
Pourtant, aujourd'hui, Taiga était assez furieuse contre elle-même d'avoir pu penser aussi naïvement. Les Hut grandissaient et évoluaient dans le seul but de vivre leur vie comme ils le désiraient, sans pour autant se séparer de leur famille. Plusieurs fois déjà, Taiga avait essayé de s'imaginer la réaction de son peuple lorsqu'il apprendrait sa disparition. Mais très vite cette pensée disparaissait, comme si elle la fuyait pour une raison quelconque. Alors la jeune Hut passait à autre chose, ne s'arrêtant pas trop sur des évènements passés, jusqu'à ce que la pensée décidât de revenir de nouveau. Et ainsi de suite.
Taiga songea qu'elle ne s'était jamais autant penchée sur son passé qu'en cet instant. La présence du Chat, l'emmenait dans les forêts verdoyantes de sa patrie. Puis la réalité du présent revenait brutalement à elle, l'arrachant à ses rêveries.
Comme maintenant par exemple.


-Non petite, pas tout à fait. Mais si tu veux voir à quoi ressemble mon âme, tu devras attendre que la lune se lève. Elle sera là dans quelque heures.-

Cette fois, Taiga se redressa. Quittant sa position accroupie, elle se leva doucement, ses yeux soleil brillant d'un amour éperdue. Ce soir était le soir de la Dame Blanche. Il l'avait évoqué. Peut être connaissait-il ses coutumes ? Peut être ne danserait-elle pas seule ce soir.
Un large sourire se dessina sur son visage, laissant entrevoir une dentition légèrement pointue. Ses canines du bas et du haut, scintillaient d'une blancheur immaculée, légèrement recourbées. Avant qu'elle n'eût pu lui demander quelque chose sur la Dame Blanche, Chat s'était déjà retourné, après l'avoir invité à le suivre. Taiga hésita l'espace d'une courte seconde. Mais la curiosité alliée à sa dévotion pour la Dame Blanche fut la plus forte, et elle décida de le suivre. Elle suivit Chat, corps souple et gracieux, qui semblait indifférent au paysage dévasté qui les entourait. Cela devait sûrement être le cas. Sans bruit, Taiga marcha dans ses pas, grimpant agilement derrière lui. Même le contact de ses bottes à talon et du sol restait silencieux. Tigre dans l'âme, elle se déplaçait avec une aisance féline.
Le meilleur de l'homme, le pire de la bête.
Ses prouesses étaient loin d'égaler celles des véritables animaux, pourtant, elles n'étaient pas à renier pour autant.

Chat la conduisit vers une rivière boueuse, à l'aspect repoussant. Une forte odeur nauséabonde eut tôt fait de la faire grimacer de dégoût. Pourtant, Chat semblait l'avoir mené ici dans un but précis, et Taiga avait appris qu'il était impoli de ne pas remercier les "personnes" qui leur venait en aide. Quelques timides rayons de soleil réussirent à percer les nuages pour se poser paresseusement sur le visage de Taiga, qui ferma les yeux, laissant échapper un bruit qui se rapprochait de celui du ronronnement. Il lui manquait la chaleur de son monde. C'était le plus regrettable.
De nouveau, Taiga s'accroupit. En silence, son regard intéressé fixa Chat se passer la patte derrière l'oreille. Geste qu'elle avait maintes fois rêver de faire, sans pour autant le réaliser.
Un Hut, ne se léchait pas.



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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Jeu 2 Déc - 13:07

J'étais impressionné par ses déplacements. Elle était aussi discrète que moi et se faufilait sans mal entre les ruines de Paris. Une fois qu'elle m'eus rejoint je jetais un oeil aux alentours. On est jamais trop prudent.
Le fleuve abritait des créatures assez peu sympathique et je gardais le souvenir d'une rencontre peu agréable. Une après-midi très grise, le vent s'était levé et je sentais venir la tempête. Il fallait que je me nourrisse en vitesse et que je m'apprête à passer plusieurs jours dans mon terrier. Avec les tornades et autres cyclones qui passaient sur ce continent, il fallait s'attendre à tout. J'avais donc filé vers mon coin de pêche pour me gaver avant la venue de la nuit. Après plusieurs heurs de ramassage de crevettes, j'avais le ventre gonflé, le poil sale, trempé et emmêlé mais au moins j'avais de quoi tenir une bonne semaine si je la passais à dormir.
Au moment où j'allais bondir pour remonter la pente, une énorme créature était sortit de l'eau et m'avais happé une patte arrière. Ni une ni deux j'avais fait volte face et oubliant la douleur, j'avais griffé rageusement ses gros yeux blanchâtres. Dans un vagissement j'avais retrouvé ma liberté et sautant à l'eau, j'avais nagé jusqu'à la rive. Ma patte en sang, boitant très bas, j'avais rejoins mon gîte et je passais les trois jours qui suivirent à lécher ma plaie et à dormir pour récupérer. Une fois la tempête passée, j'étais allé chercher des plantes dans une serre enfouie dans les décombres. Un bâtiment lui était tombé dessus mais par miracle l'alliage de verre et plastique qui en faisait le toit avait résister et presque tout l'intérieur avait survécu. Protégées du vent mais recevant soleil et eau par les nombreuses fissures et autres trous, les plantes avaient envahis de façon anarchique les lieux. Un peu de pavot pour atténuer la douleur, de la verveine pour me calmer et de la menthe mélangées à de l'argile pur conserver la plaie propre et aider à cicatriser et voila que je passais de nouveau la journée à dormir.
Depuis, quand j'allais pêcher, je faisais très attention. Heureusement, ce jour là la chance me sourit et les crocs de la bête n'endommagèrent rien, ni muscle ni tendon ni os. Ma patte était aujourd'hui aussi solide et fiable qu'avant.

Constatant qu'il n'y avait pas le moindre danger, je descendit précautionneusement sur la rive de sable. Penché au-dessus de l'eau, je me tint parfaitement immobile et sans prévenir, d'un coup de griffes fulgurant, je fis jaillir de l'eau une grosse crevettes violette. Je la saisis entre les dents et remontais voir Taiga qui avait dut assister à la scène. Je posais le gros crustacé à ses pieds et retournais me percher non loin pour être à sa hauteur. Je désignais le gibier du museau.

-Mange. Tu as vu comment faire. Tu peux maintenant te nourrir seule.-


Ca pouvait paraitre expéditif mais il ne faut pas oublier que si j'ai l'apparence d'un fauve, c'est qu'il y a un peu de l'animal en moi. Je savait qu'elle pouvait se débrouiller et quand un tigre apprend à ses petits à chasser, il leur montrer puis les laisse se débrouiller. Si la leçon n'a pas été intégrée quand elle a été dispensée, le petit meurs de faim. Bien sur je n'allais pas la laisser mourir de faim mais je venais de lui montrer comment se procurer à manger facilement alors elle pouvait faire de même. En plus, des mains sont plus grandes que des pattes donc ça devrait être plus facile.
Je m'assis sur mon rocher et observais, la queue enroulée autour des pattes.

[hj: désolé, les couleurs ne s'affichent plus quand je poste]
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Jeu 2 Déc - 21:48

L'étonnement de Taiga fut loin de s'atténuer. L'attente durant laquelle elle se demanda la raison qui avait poussé Chat à l'amener ici, ne dura guère longtemps. Un coup de patte rapide, et une grosse crevette violette jaillit soudainement. Chat la prit dans sa gueule, et vint gentiment lui porter, pour la lâcher à ses pieds.
Suspicieuse, Taiga regarda la bestiole se tordre frénétiquement sur le sol. Elle n'avait jamais vu de crevettes. Entendu parler, oui. Mais les crevettes, entraient dans la catégorie fruits de mer et non animal. Tout comme les insectes. Elle connaissait Sark, le Hut requin, des Hut aquatiques, mais tout ce qui se rapprochait d'un insecte, qu'il soit volant, aquatique ou terrestre, ne pouvait habiter dans le corps d'un Hut.


-Mange. Tu as vu comment faire. Tu peux maintenant te nourrir seule.-

Taiga ne l'écouta pas. Un doigt curieux vint s'approcher de la crevette, et avec une certaine réticence, elle la palpa timidement du doigt. Lorsqu'elle émit un soubresaut plus prononcé que les autres, Taiga s'écarta brusquement, observant la bestiole avec une méfiance curieuse. Son côté tigre, ne l'avait jamais poussé vers la race aquatique. Même son arrivée dans ce monde, et les changements brusques auxquels elle dût rapidement s'adapter, ne lui avaient insufflée l'idée d'aller à la pêche.
Cependant, bien qu'elle doutât fortement du goût de cette chose, son éducation lui avait appris qu'il était discourtois de ne pas remercier quelqu'un qui lui venait en aide. Aussi, elle s'efforça de rendre honneur à sa gentillesse, en acceptant la nourriture. De plus, chez les félins, l'offrande d'un gibier était signe de paix. Elle ne pouvait s'y soustraire.
Toutefois septique, elle s'empara de la bestiole, et la renifla. Son odeur était des plus ragoutante, et un bref coup d'œil à l'environnement dans lequel elle avait vécu auparavant, la fit douter encore plus de sa propreté. Mais s'il y a bien une chose qu'elle avait appris ici, c'était de ne pas faire la fine bouche. La nourriture manquait, elle avait faim, et Chat était assez bon pour lui offrir son repas et la conduire sur son terrain de chasse.
Ce qui la confirma sur l'hypothèse qu'elle s'était déjà forgée sur lui.
Sans attendre davantage, craignant de vexer Chat, Taiga mit la bestiole dans la bouche, et croqua.
Pas de sang. Pas de cri. Une fin brève, rapide, qui lui laissa d'office un goût amer dans la bouche. Puis ce fut la carapace. Encore plus sournois que les os. Les os, Taiga savait ce que c'était. Elle savait où mordre. Là, il n'y avait pas d'os. Juste une carapace sournoise, qui venait se glisser mesquinement entre ses dents, rendant le goût encore plus désagréable qu'il ne l'était déjà. Car la saveur était on ne peut plus désagréable. Et toute sa politesse vola en fumée, lorsque l'animal gronda son mécontentement. Une grimace de dégoût non dissimulée se dessina sur ses lèvres, donnant une mimique assez comique à son visage. Taiga recracha le tout en frissonnant.
Elle se tint immobile un moment, passant et repassant sa langue sur ses lèvres, produisant une salive qui effaçait petit à petit le goût désagréable de la bestiole. Bon. Elle avait au moins fait l'effort de goûter.

Songeant qu'elle avait peut être vexé Chat, elle leva des yeux assez penaud vers lui, mais son visage restait animé de la même curiosité du début. Enfin, la jeune Hut bougea. Lentement, gracieusement, elle se dirigea vers la rivière boueuse, sans doute la plus "propre" à des lieux de là. Elle resta un moment à contempler sa surface, autrefois miroitante sous de doux rayons de soleil. Miroiter, elle ne le faisait plus. Quand au soleil... il était trop timide pour éblouir le monde. Pas comme la Dame Blanche.
Taiga agit finalement. D'un mouvement rapide, elle plongea la main dans la rivière, pour la sortir tout aussi prestement. Une crevette violette similaire s'agitaient sur le sol. Taiga fronça les sourcils, satisfaite, tandis qu'elle continuait de la regarder. Enfin, sans se presser, elle la prit dans la main, et vint la poser au pied de Chat, avant de s'accroupir une nouvelle fois, dans sa position préférée.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Ven 3 Déc - 0:30

Ok, là ça devenait bizarre... Elle n'avait jamais vu de crevette de sa vie ou quoi ? D'un autre coté, j'étais mal placé pour donner des leçons. Avec mes 2000 et quelques années, j'avais eu le temps de voir beaucoup de choses alors qu'elle, elle devait avoir une vingtaine d'années à peine. Je la regardais tâter avec suspicion ce que je lui avait amené. J'étais partagé entre le fait de lui montrer comment faire et celui de la laisser apprendre seule. Rien ne rentre mieux en tête qu'un enseignement qu'on acquiert sois même.
Elle tournait la crevette dans tous les sens, la reniflait et semblait un peu inquiète. Elle devait se demander si c'était mangeable. Il faut avouer que ça sent pas mal le poisson et la vase, mais ce n'est que la coquille. La chair à le même goût que la coquille Saint-Jacques, pour ceux qui en avaient déjà mangé.
Puis elle fit ce que je craignais: elle prit la crevette entière et la fourra dans la bouche. Oulala... Je la regardais sans moufter. Elle mâcha avec difficulté son énorme repas. Comment pouvait-elle penser que tout se mangeait ? Peu importe la proie, il y a toujours des déchets. Et puis elle pouvait demander... A moins que dans sa conception ne l'en n'empêche. Je la regardais faire craquer la carapace avec une mine dégoûté. Elle allait vraiment la manger ? Non, elle recrachait finalement, l'air complètement écoeurée. Normal en même temps. Je remuais les moustaches, un brin amusé même si ça me chagrinais qu'elle n'ai pas réussir à profiter du repas.

La suite me surpris. Après un temps d'hésitation, elle me lança un regard désolé tout à fait attendrissant et gagna la rive. Je la regardais faire avec intérêt. Finalement, elle avait prit le coup de main. Et puis... Elle me la donnait ? Pourquoi pas. Je n'avais pas faim mais je pouvais au moins lui montrer comment on fait pour manger une crevette. Je ronronnais, amusé. Et je plantais mes dents à la base de la tête. En quelques mouvements j'enlevais la tête.

-Depuis quand mange-t-on la tête d'une proie ?- ajoutais-je avec un sourire.

Puis, à coup de griffes, j'arrachais les pattes. Puis, habilement, je découpais la carapace pour séparer la partie du ventre de celle du dos. Il ne restais plus qu'à sortir et manger la chair. Je poussais la crevette décortiquée vers Taiga dans un signe d'encouragement.

-Mange. Moi j'ai déjà le ventre plein. -

Elle devait se nourrir. Je lui était très reconnaissant pour ce qu'elle avait fait, pour son geste envers moi mais je n'avais pas faim et il fallait quand même qu'elle découvre le vrai goût de la crevette.
Je me léchais l'épaule, lissant ma longue fourrure.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Sam 4 Déc - 2:01

[Pas grave, tkt]


-Depuis quand mange-t-on la tête d'une proie ?

Taiga écarquilla les yeux. Le ton quelque peu ironique de sa voix ne l'embarrassa pas. Néanmoins, quelques mystères demandaient encore à être éclaircir. Il était vrai qu'en tant que chasseuse experte, la jeune Hut savait très bien qu'on ne mangeait pas la tête de son gibier. Les Hut savaient ce qui était mangeable, et ce qui ne l'était pas. Seulement Taiga n'avait jamais pêché. Elle n'avait non plus jamais vu de crevettes de sa vie, et n'avait jamais apprécié le goût du poisson. Le parfum marin était trop prononcé pour elle, et Taiga avait plus d'une fois recraché le met, parce qu'il ne convenait pas à ses goûts carnivores. Avec fascination, Taiga l'avait vu retirer d'une patte experte la tête de la bestiole. Enfin, ce fut le tour des pattes et de la carapace. Ses mouvements étaient précis et rapides, montrant clairement qu'il avait l'habitude. Bien que très intéressée par les mouvements de Chat, Taiga se montrait toujours suspicieuse devant l'aspect mou de la crevette.
Finalement, Chat poussa la crevette maintenant décortiquée vers elle, l'invitant à manger.


-Mange. Moi j'ai déjà le ventre plein. -

La jeune Hut leva les yeux vers lui. D'un mouvement tranquille, il se nettoya un peu. Taiga aurait bien aimé faire de même.
Non.
Elle ne le pouvait pas. Son regard se reposa sur la chaire tendre de la crevette qui reposait près de Chat. Elle aurait voulu décliner gentiment son présent, d'autant plus qu'elle se sentait tout de même assez vexée. Elle l'avait pêchée pour lui, mais il refusait d'y toucher. En même temps, il n'était pas nécessaire de se remplir l'estomac lorsque celui-ci se trouvait déjà plein. Les Hut ne mangeaient que lorsqu'ils avaient faim. Jamais par gourmandise.
Finalement, au bout d'un petit moment, la jeune Hut se décida à la manger. Elle n'y tenait pas particulièrement, mais il serait mal avisé, de ne pas lui montrer sa gratitude. Aussi, pour la seconde fois, elle fit l'effort de manger. A nouveau, elle porta la bestiole à sa bouche pour la renifler avec méfiance. L'odeur nauséabonde lui emplissant fortement les narines, elle s'empressa de l'éloigner de son nez, grimaçant légèrement. Puis, ni une, ni deux, elle engouffra la bestiole après avoir bien vérifier qu'aucune carapace ne s'y trouvait.
Cette fois, elle fit l'effort de ne pas la recracher. Autant être honnête, elle n'aimait pas du tout. D'ailleurs, la grimace qui déformait son visage en était la preuve. Néanmoins, elle avait faim. Elle avait faim, et ces choses étaient très certainement la seule nourriture comestible et à peu près mangeable qu'elle avait sous la main à ce moment. C'est pourquoi, elle la termina. Son estomac grognait de dégoût, mais se sentait un peu me rassasié, et Taiga sut qu'il lui en fallait d'autres. Ce n'était certainement pas l'instant idéal pour faire la fine bouche. Les conditions étaient des plus extrêmes, et Taiga ne pouvait pas élever ses exigences trop haut, si elle comptait vivre encore un peu.
Ce fut donc avec répulsion, mais sans hésitation, qu'elle se dirigea une nouvelle fois vers la rivière. Comme Chat le lui avait appris, elle plongea sa main, pour en ressortir rapidement une crevette. Elle réitéra se geste plusieurs fois, jusqu'à ce qu'une belle pile se forme non loin d'elle. Enfin, elle s'accroupit et entreprit de les décortiquer, avant de les manger. Pourtant, pas une fois, sa grimace répugnée ne la quitta. Il fallait dire que ce n'était certes pas le repas de ses lèvres.
Ce fut donc tout en mangeant, qu'elle continua son observation curieuse de Chat, qui ne cessait d'attiser les flammes de sa curiosité. Décidément, c'était une créature pleine de mystères.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Dim 5 Déc - 21:33

Quand je la vis porter le crustacé à sa bouche, je clignais des yeux, approbateur. Il n'est pas bon de rester le ventre vide dans ces contrées. Visiblement, le goût ne lui plaisait pas mais elle eu l'intelligence de manger quand même. Par ici, il n'y avait rien à part ça. Les campagnols sont peu nombreux et n'aiment pas cette région: trop de pierre, pas assez de terre et de plantes. Les crevettes pullulent et sont très facile à attraper alors autant en profiter. de plus, l'endroit n'est pas vraiment fréquenté par les monstres qui hantent la ville en ruine ce qui en fait le terrain de chasse idéal. Je me couchais en sphinx et la regardais manger. Elle avait vraiment l'air écoeurée la pauvre. J'aurais voulu lui offrir plus qu'une crevette nauséabonde mais ce n'était pas possible. Il fallait quitter les ruines de la ville pour cela et ça prendrait une journée. Au-delà des cadavres de bâtiments s'étendaient tout le réseau routier construit des années avant. Mais la nature avait fait son oeuvre et mis à par les rubans gris du bitume, il ne restait plus rien autour. La forêt avait reprit ses droits, hostile mais coupant le vent. Les arbres avaient mutés pour résister aux ouragans les plus terribles: leurs racines était énormes, leurs tronc imposants et resserrés. Ils brisaient tous les vents et abritaient bon nombre de créatures, des plus délicieuses aux plus hideuses et dangereuses. Il faudrait que je lui indique comment y aller, elle trouverait plus facilement de quoi se nourrir qu'ici. Et moi aussi en fait. Mais ce n'est pas le propos.

Une fois qu'elle me sembla avoir fini son repas, je l'attendis un instant puis me levais, m'étirais et sautais à terre. Le soleil, bien qu'invisible, commençait à descendre dans le ciel. Bientôt la lune pourrait se montrer. Mais je ne voulais pas rester ici. Je préférais aller dans un endroit un peu plus dégagé et plus classe. Un peu de mise en scène ne ferait pas de mal après tout.
Je fis signe à Taiga de me suivre. Maintenant je savais qu'elle pouvait suivre. Je partis au petit trot. il faisait très sombre à présent. L'air ambiant résonnait de nouveaux bruits. les prédateurs nocturnes remuaient dans leur cachette, il était temps pour eux de sortir chasser. Il fallait faire très attention, ils étaient en général plus coriaces que les prédateurs diurnes. Je me glissais entre deux blocs de béton et me pétrifiais. Une odeur nauséabonde flottait dans l'air et ce n'était pas le fleuve. Une créature rampait non loin de là. Pourvu que Taiga comprenne et ne fasse plus un geste. La chose venait très certainement du marais. Elle avait l'air de prendre la direction de l'eau. Ça tombait bien on s'en éloignait. Une fois que je ne perçut plus rien, je repris mon chemin. Mes pupilles étaient deux billes noires cerclées de vert et grâce à elles je voyais tout comme en plein jour, chaque détails étaient souligné et rien ne m'échappait. Finalement, je prévins d'un mouvement de queue la jeune fille qu'il faudrait accélérer. Ici, c'était plus dégagé. Les bâtiments devaient être plus espacés quand ils tenaient encore debout, la rue était même visible. Je me mis à courir. Nous descendions un grand boulevard, slalomant entre les blocs de pierre. Je ne tardais pas à arriver. Je m'étais éloigné de la Seine exprès à cause des choses qui pouvaient y rôder mais pour un trajet plus court il aurait été mieux de la suivre. Tant pis, un petit crochet sur les anciens Champs Élysée ne pouvait pas faire de mal.

Nous débouchâmes enfin sur la place de la Concorde. J'aimais cet endroit au temps où il était encore intact. Les bâtiments s'étaient effondrés mais la place restait très dégagée. l'obélisque avait disparut. On l'avait mis quelque part à l'abri quand la guerre avait fait rage. Bizarrement, beaucoup d'herbe avait poussée par ici et c'était comme une petite prairie. Il restait quelque lampadaires par-ci par-là, les deux fontaines où de l'eau de pluie s'était accumulée et qui faisaient le lieu de vie de grenouilles, du moins d'après le bruit. Dépassait également le pied piédestal de l'obélisque. Pas de bruit suspect ni d'odeur étrange, tout était calme. Pas de danger donc. Je trottinais dans l'herbe jusqu'au dit piédestal et d'un bond souple, je me hissais dessus.
Il ne restais plus qu'à attendre un coup de vent qui nous montrerait la lune. Ce ne tarderait certainement pas.

-Bien, ici c'est parfait. Il y a peu de bestiole qui viennent ici, il n'y a rien d'intéressant. On sera en sécurité.-


Je m'assis bien droit, la queue autour des pattes. Je fixais le ciel gris. Il faisait très très sombre désormais, le soleil avait disparut depuis un moment. Mine de rien, notre petite cavalcade avait durée un bon moment et la lune devait très certainement être déjà levée derrière les lourd nuages. Comme pour m'exaucer, une bourrasque de vent vint ébouriffer ma fourrure et là-haut dans le ciel, les nuages s'écartèrent et un rayon de lune argenté nous éclaira. Je commençais tranquillement ma transformation. Mon corps grandit, je me gonflais, mes membres s'étirèrent, ma tête prit de l'ampleur, mes muscles se mirent à saillir sous ma fourrure qui raccourcis. Bientôt le chat céda place à un être à la taille imposante, un mélange de tigre et d'humain à l'aura tranquille et puissante. Je savais que les siècles passés pouvaient se lire dans mes yeux, plus encore que sous ma forme de chat. Je restais accroupis sur mon promontoire, un bras posé sur le genoux, l'autre tendu, la patte posées au sol. Mes yeux luisants regardaient Taiga. Un sourire fit frémir mes moustaches.

-Bonsoir, je m'appelle Oneiro.-
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Lun 6 Déc - 2:59

Lorsque Taiga avala la dernière bouchée de crevette, elle dut faire un effort pour ne pas tout vomir. Néanmoins, malgré le goût vraiment peu appétissant des bestioles, elle reconnut quel leur chaire tenait l'estomac. Elle avait assez mangé pour au moins un jour, ce qui lui laisserait le temps de trouver une nourriture, cette fois plus appétissante. Du moins, elle l'espérait fortement. Taiga resta là, à contempler les carcasses vides qui jonchaient le sol, perdue dans ses pensées. La digestion était une étape importante si elle ne voulait pas avoir des maux de ventre terrible par la suite. D'autant plus que la saveur était loin d'être goûteuse, aussi mieux valait ne pas maximiser les risques en se tapant un quatre cent mètres maintenant.
Lorsqu'elle était encore parmi les siens, les courses étaient un des jeux les plus répandus. Lors du soliste d'été, les plus rapides s'inscrivaient aux courses. Elles étaient nombreuses et diverses, en commençant par la course d'obstacle, pour se terminer sur le marathon rapide des endurants, sans oublier la course de relais, la course aquatique, les enchaînements de sauts ou encore la course dans les arbres. Personne ne battait les écureuils pour cette dernière d'ailleurs.
Cette pensée lui arracha un sourire tandis qu'elle se replongeait dans la nostalgie de son passé. Ces souvenirs lui donnait envie de recommencer les courses, auxquelles elle avait déjà participé. Elle avait gagné sa dernière année, le marathon rapide des endurants. Courir le plus vite et le plus longtemps possible. Une épreuve pour laquelle elle s'était longuement entraînée. Son peuple appréciait les jeux de ce genre. Repousser ses limites au maximum et évaluer ses capacités. Une des meilleures façons de s'améliorer. Après la course, le jeu le plus reconnu était celui des combats. C'était ceux-là que Taiga préférait, bien qu'elle n'aie jamais réussi à aller plus loin que la seconde place. Fait étrange qui en avait étonné plus d'un, elle en premier d'ailleurs.

Chat se releva, la sortant de ses pensées. Taiga se sentait beaucoup mieux, maintenant que son estomac avait digéré l'amoncellement de chaire nauséabonde et inhabituelle qu'elle lui avait envoyé. Un rapide coup d'œil au ciel l'informa que le soleil se retirait. Il allait bientôt laisser place à la Dame Blanche. Taiga se devait de trouver rapidement un lieu plus ou moins sain, pour y effectuer ses danses de dévotions. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Chat lui fit signe de le suivre. Cette fois, Taiga ne se montra guère réticente. Une confiance respectueuse avait commencé à jaillir en elle. Il lui avait montré son terrain de chasse, l'avait laissé mangé et maintenant l'emmener peut être dans un endroit sûr. Taiga ne pouvait se montrer que reconnaissante envers lui. S'il avait vraiment voulu lui faire de mal, Taiga l'aurait senti.
Rapidement, alors qu'elle le suivait, la nuit tomba, chassant les lueurs voilées et nuageuses du jour. Le temps des prédateurs, l'arrivée du monde nocturne, d'un monde qui appartenait maintenant à des bêtes redoutables et dangereuses. Même si le sommeil de Taiga était très léger, et qu'un grain de poussière se posant sur le sol suffisait à la réveiller, elle préférait ne pas tenter le diable et se cherchait toujours des endroits qu'elle supposait sûrs pour dormir. De plus, un manque de sommeil l'empêcherait de se confronter dignement aux créatures du jour, qui n'avaient pas l'auréole au-dessus de la tête également.
Soudain, l'odeur fut là. Une odeur écœurante et nauséabonde. Une odeur qui signifiait clairement qu'un prédateur se trouvait non loin de là.
Danger.
Taiga s'arrêta, en parfaite synchronisation avec Chat. Ses sens en alerte, elle ne faisait aucun bruit, son attention entièrement focalisée sur la présence de la créature. Puis, tout aussi soudainement que son apparition, l'odeur disparut. Elle flotta encore quelques instants dans l'esprit de Taiga, qui la déplaça dans le coin des odeurs dangereuses, avant de suivre Chat qui s'était remis en route.

Ils arrivèrent à une clairière. C'était sans doute l'un des plus beaux endroits depuis son arrivée dans ce qui restait de cette ville. Aucune odeur dangereuse ne lui titilla le nez. La quiétude du lieu était uniquement troublé par le croassement léger des grenouilles. C'était comme si le temps n'avait pas d'emprise sur ce lieu. Taiga se sentit rassurée. C'était l'endroit idéal pour danser. L'herbe était assez présente pour ne pas lui écorcher les pieds, et elle ne sentait ni ne voyait rien qui pourrait souiller ce moment de prières.


-Bien, ici c'est parfait. Il y a peu de bestiole qui viennent ici, il n'y a rien d'intéressant. On sera en sécurité.-

Taiga était entièrement d'accord. Ici c'était l'endroit parfait, voire même idéal. Taiga s'apprêtait à sortir de ses affaires de son sac, lorsque quelque chose retint son attention. La nuit régnait à présent en maître. Chat, assis, la queue entre les jambes, fixait le ciel. La Dame Blanche se dévoilait maintenant pleinement à leurs yeux. Les nuages étaient vaincus par la pureté céleste de sa lumière immaculée, qu'elle déversait sur la prairie, telle une bénédiction. Taiga ne se lassait pas de contempler le cercle parfait de cet astre incomparable. Son visage luisait d'une admiration sans borne, tandis que ses yeux débordaient d'amour. La Dame Blanche était là, et rien ne pourrait l'effrayer en cet instant.
La jeune Hut voulut partager cette partie conséquente de sa vie avec Chat, et baissa les yeux sur lui. Mais ce qu'elle voyait n'avait rien d'un chat.
Tigre.
L'animal poussa un rugissement en elle.
Tigre.
Mais c'était Chat. C'était lui sans l'être. Ses yeux n'avaient pas changé. La même sagesse, la même vieillesse, la même trace du temps. Mais encore plus prononcé. Plus animal que Taiga, moins humain qu'elle.


-Bonsoir, je m'appelle Oneiro.-

Peut être avait-elle été consciente dès leur première rencontre. En tout cas, Taiga ne put qu'incline respectueusement la tête devant son ancêtre, comme l'exigeait la politesse de son peuple. Parce qu'elle était sûre, que ce qu'elle avait devant elle était beaucoup plus vieux que leur plus vieux Hut. Puis, elle pencha une nouvelle fois la tête sur le côté, détaillant avec respect la sublime créature qui se tenait devant elle. La pensée qu'elle ne pourrait jamais le contenir dans son estomac fit pétiller ses yeux d'un éclat malicieux. Effectivement, elle risquait d'avoir d'énormes difficultés à le manger. D'ailleurs, elle n'allait sans doute même pas pouvoir le battre. Taiga était encore jeune, malgré l'entraînement intensif qu'elle avait reçu depuis sa naissance.

-Tigre, lâcha Taiga. Taiga aussi.

Elle hocha la tête avec aplomb, assez étonnée d'avoir aligné trois mots à la suite. Puis, elle haussa les épaules. Elle posa son sac à terre en en sortir une de ses robes de danse. Elle poserait des questions plus tard. Pourtant, elle ne se changea pas tout de suite. Sa curiosité était piquée au vif, et semblait intarissable.

-Tigre, répéta-t-elle une nouvelle fois, ravie.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mar 7 Déc - 0:08

Tiens, elle avait l'air plutôt contente de me voir sous cette forme. Tant mieux. Effrayer les jolie jeunes filles, c'est pas mon travail. Je lui souris avec douceur.

-Tigre. Taiga aussi.

Tiens, et depuis quand les tigres ont-ils de jolis petits minois ? Et depuis quand ont-ils perdu leur fourrure ? Mais je devais bien lui accorder quelque chose de furieusement félin. Un petit truc qui brillait dans ses yeux et se reflétait dans tout son corps. Peut-être m'expliquerait-elle ce qu'elle entendait par "Taiga aussi". Peut-être se prenait-elle pour un tigre ? Ou alors, elle en avait eu un petite ? Bien que ce soit une idée dangereuse. Elle n'était visiblement pas humaine. Les cheveux verts, les yeux dorés, elle venait de la Faille. Mais de là à savoir ce qu'elle était...Ma connaissance avait ses limites. Bah, nous avions le temps de nous connaître un peu plus. Rien n'était urgent de nos jours, sauf quand il s'agissait de fuir. Et peut-être qu'avec le temps elle dirait plus que trois mots. Elle avait une petite voix toute douce mais parlait vraiment très peu.
Tiens, voila autre chose ! Une robe ? Je posais sur elle un regard curieux mais ce fut elle qui m'interrogea. Enfin, je le pris comme une interrogation.


-Oui, un tigre. Mais je suis aussi un Ralshalak.-

Nous aurions le tempsd'expliquer tout ça un peu plus tard. Et puis, le fait que je sois un tigre semblait lui suffire. Et à moi aussi. Je sautais à terre. Elle était plutôt menue alors du haut de mes deux mètres, je la dominais largement. D'ici on aurait dit un chaton sur deux pattes. Je continuais de regarder la robe avec curiosité.

-Que vas-tu en faire ? C'est pour te couvrir pour dormir ?-

Sortir des vêtements de son sac en pleine nuit, c'est un peu étrange mais avec elle, je commençais à comprendre qu'il ne fallait pas chercher de chose trop normal dans son attitude. Cette fille était un mystère assez fascinant. A moitié femme à moitié animal, je n'arrivais pas encore à bien la cerner. Et sa frimousse était attendrissante.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mar 7 Déc - 1:58

-Oui, un tigre. Mais je suis aussi un Ralshalak.-

Taiga fronça le nez sous le coup de l'incompréhension, avant de pencher la tête sur le côté. Rashlala ? Raslala... truc chose. Mot compliqué qui ne faisait pas partie de son vocabulaire. Taiga essaya vainement de chercher un terme qui s'en approchait mais abandonna la partie. Non, décidément, elle ne connaissait pas ce mot. Avec un haussement d'épaules, elle entreprit de vider son sac. Après quelques minutes d'hésitations, elle opta pour sa tenue préférée, même si le mélange du rose et du violet était loin de lui plaire. Néanmoins, c'était sans doute la tenue qui se rapprochaient le plus des tenues qu'elle portait auparavant.
Oneiro sauta à terre. Taiga se sentit toute petite, malgré ses bottes et sa silhouette élancée. Elle ne faisait décidément pas le poids devant l'ossature puissante du tigre. Ses lèvres s'étirèrent en un mince sourire enjoué. Maintenant qu'elle était auprès de son animal totem, la jeune Hut se sentait parfaitement en confiance et en profitait pour se détendre amplement. En général, deux tigres qui partageaient un repas ne se battaient pas entre eux. Aussi, elle n'eut aucune gêne à savoir qu'elle allait montrer ses dévotions à un cousin de sa race.
Enfin un cousin. Le mot était vite dit. Vu la sagesse qui émanait de lui, Taiga n'aurait pas été surprise de savoir qu'il avait vu passer plus d'une génération de Hut. C'était plus qu'un sentiment, mais un savoir. Quelque chose dont elle avait conscience sans en avoir été informée au préalable. Perspective à la fois curieuse et inquiétante.


-Que vas-tu en faire ? C'est pour te couvrir pour dormir ?-

De nouveau, Taiga sourit. La jeune Hut retira avec précaution le vêtement de son sac, ainsi que quelques bijoux et de quoi attacher ses cheveux. Depuis le temps, ces gestes étaient devenus un automatisme, et elle les effectuait sans en avoir véritablement conscience. Taiga se redressa et, avisant des ruines encore rescapées, elle trottina se cacher derrière. Ce n'était pas une question de pudeur. Taiga avait grandi parmi un peuple où la nudité n'était qu'un mot. La cérémonie de la Première Danse se faisait nue, afin de ne faire qu'un avec les éléments, et se nourrir abondamment de la caresse de la Dame Blanche. Leur côté animal faisait fi de ce genre de pensées prudes. Néanmoins, le côté humain de Taiga lui avait appris que certaines créatures se sentaient mal-à-l'aise avec ces notions. Aussi, elle préféra couper court à toute discussion, et alla se changer à l'abri des regards.
Lorsqu'elle ressortit, Taiga était transformée. La jolie Hut avait relevé ses cheveux avec un bandeau scintillant, une des dernières choses qui l'attachait encore à son pays. Sa tenue se constituait en deux parties. Le haut était un simple cache-cœur violet, aux manches qui se clarifiaient élégamment à partir du biceps. Le bas, cousu dans le même tissu, était une simple culotte encadrée de deux longs voiles descendant jusqu'à ses chevilles. La tenue très orientale se complétait avec une ceinture légère, ornée de grosses perles dorées plates, renvoyant aux bracelets qui couvraient ses pieds et le collier entourant son coup. Un son de clochettes cristallines accompagnait chacun de ses pas.
Taiga s'avançait avec une grâce qui surpassait celle dont elle faisait preuve habituellement. Un sourire rêveur flottait délicieusement sur ses lèvres, tandis que deux yeux débordant d'amour contemplait la Dame Blanche. Elle se plaça au centre de la clairière, les bras levés vers le ciel en une attitude dévotion céleste. Quelques secondes passèrent. Le silence qui précédait les prières. Silence qui devait être respecté. Enfin doucement, elle entama ses pas. Souple, légère, elle tournoyait doucement, sans se presser. La jeune Hut paraissait planait dans les airs, comme portée par le vent. La danse était des plus hypnotisante. Son corps se mouvait avec grâce et sensualité. Un enchaînement de petits pas, auquel s'ajoutait la synchronisation parfaite des autres mouvements de ses membres. Son bassin se balançait d'une façon rythmée, s'accentuant d'une façon plus prononcé lorsque ses mains se rencontraient en un petit clappement qui battait la mesure. Bientôt, comme à chaque fois que son peuple dansait, Taiga cessa d'exister, pour ne faire qu'un avec la nature, animée par l'embrase amoureuse de l'Homme et du Tigre.



[Si tu veux voir la tenue -->
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Dim 12 Déc - 16:42

Je regardais avec étonnement toute la quincaillerie qu'elle sortait de son sac. Comme elle ne disais rien, je n'avais plus qu'à attendre de voir par moi même. Elle fila se cacher derrière un pan de mur envahit par les plantes. Je restais immobile, seules mes oreilles tournaient sur elles-mêmes pour capter le moindre bruit dans environs.
J'entendais tout: les grenouilles dans leurs mares, le vent dans les herbes, sifflant entre les ruines, le bruissement de la végétation, le gargouillis lointain de la Seine, les mugissements encore plus lointain d'une créature quelconque, le froissement des habits contre la peau. Une brise se leva et vint m'ébouriffer le poil. Dans le ciel, je constatais avec surprise que la lune brillait toujours, comme si les nuages avaient décidé de l'épargner pour ce soir. La lumière était exceptionnelle: mes pupilles étaient fendues tant la clarté était forte. Un bruit de pas léger me fit tourner la tête avec vivacité. C'était Taiga qui sortait de sa cachette. Un instant, je doutais que ce fut la même jeune femme. Elle portait une tenue légère et saillante et se déplaçait avec une grâce incroyable. Je la regardais passer avec curiosité. Quelle allait être la suite des opérations ?
La jeune femme ne me prêtait plus la moindre attention. Elle contemplait la lune avec une expression béate. Puis se mit à danser. J'admirais ses pas de danse qui me rappelait quelque chose.
Ainsi donc, elle priait la pleine lune. Je connaissais bon nombre de religions qui conféraient à la lune des pouvoirs incroyables et qui la vénérait comme une déesse à part entière. Visiblement, même ailleurs que su terre on pouvait avoir un culte lunaire. J'observais le plus grand des silence, respectueux. La jeune Taiga semblait être complètement ailleurs. Surement une sorte de transe. Elle devait croire très fermement pour en arriver à cet état d'inconscience de soi.

J'avais plus de 2000 ans et je n'arrivais toujours pas à croire. J'avais observé bon nombre d'humains, j'avais suivit les cultes et les religions les plus farfelus au jour le jour pour tenter de comprendre mais jamais je n'avais ressenti la foi. Les rêves d'apparitions, aucun Ralshalak n'en avait jamais été responsable. Les humains se fabriquaient leur propre vision tant ils y croyaient. Plusieurs fois Lakita et moi avions tenter de percer ce mystère mais jamais aucune solution ne s'était offerte à nous. Nous n'étions tout simplement pas fait pour comprendre.
J'étais donc incapable de ressentir quoi que ce soit en cet instant. Je ne pouvais qu'apprécier la technique de danse. La foi, la croyance, les certitudes... Tout ça, je n'y avais pas accès, mon esprit ne pouvait pas le concevoir. Peut-être parce que j'étais moi même un être originellement de pur esprit... J'étais l'incarnation de l'esprit libre alors l'idée d'un être absolue ne pouvait pas me toucher. J'en était à la fois triste et en même temps heureux. Je vivais l'esprit en paix et je ne devait rien à personne.

Je ne savais pas combien de temps durerait encore cette longue preuve de dévotion aussi je choisi de me lever et de m'éloigner. Je ne me sentais pas le droit d'assister à ce que jene partageais pas. Je me dirigeais vers une des mares dans les fontaines et m'abreuvais en silence. La seule dévotion que je portais était celle à la mémoire de Lakita. Elle hantais toujours mes pensées. Je ne pouvais être triste, elle m'en aurait voulu. Mais le chagrin me serrait le coeur. Taiga ne s'en rendais pas compte mais par certains gestes ou certaines attitudes, elle me rappelait furieusement celle qui avait laissé un vide terrible dans ma longue existence.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mer 29 Déc - 16:48

La Dame Blanche luisait, scintillait, brillait, illuminait de sa splendeur le monde terrestre.Taiga volait et virevoltait, oubliant. Seul comptait la danse. L'entremêlement des mouvements, l'harmonie des pas, la dévotion de la Lune. Rien ne comptait plus, rien n'allait compter pendant un moment. La jeune Hut ne savait même plus qu'elle ne se trouvait plus avec Oneiro, dont elle avait totalement oublié l'existence d'ailleurs, et qu'elle se trouvait dans un monde ravagé, où la peur et la famine régnaient en maîtres. Les tintements de clochettes marquaient délicatement la cadence, s'entrechoquant en des petits sons cristallins et sucrés, qui semblaient arracher des sourires aux étoiles.
Le temps cessa d'être. Juste une bulle. Sa bulle, la seule, la vraie. L'unique. Celle où plus rien n'existait.
Taiga laissa échapper un petit soupir, alors que ses mouvements ralentissaient, que l'euphorie du moment s'amenuisait. La Dame Blanche disparut timidement derrière un nuage, annonçant la fin de la danse. La jeune Hut s'immobilisa à contrecœur. Pendant un moment encore, son esprit resta accroché au ciel, et elle resta là, immobile à regarder la Lune et les nuages. Puis, avec un deuxième petit soupir, tourna résolument le dos à sa divinité, les yeux pétillants de joie et d'adoration.

Ces danses avaient toujours été une tradition dans son pays. Des moments de joie intense, de bonheur, de convivialité, pendant lesquels chacun montrait ses talents de danseurs. Hélas, tout ceci connaissait maintenant une fin. Une fin terrible qu'elle appréhendait par dessus tout. Car même si elle vivait dans le présent, qu'elle ne s'accrochait pas forcément au passé, ses souvenirs étaient une chose profondément ancré en elle, à cause de sa nature d'humaine. Et Taiga ne pouvait oublier les chants et danses de son peuple, la complicité de leur lien, la douleur d'être partagé en deux, sentiment qu'ils connaissaient tous parfaitement. Tout ceci Taiga ne voulait, ni ne pouvait l'oublier. Et elle gardait le secret espoir que tout ceci lui fusse rendu un jour ou l'autre. Peut être lorsque ce monde guérirait, que le soleil reviendrait, que l'air cesserait d'être impur, que les pluies ne seraient plus synonyme d'épidémies amères. Oui, peut être lorsque cette planète respirerait à nouveaux le parfum des fleurs, et gouterait les caresses luminescentes de la Damble Blanche, Taiga pourrait rentrer chez elle. En attendant, elle demeurait coincée ici, à attendre tranquillement que son heure vînt.


Son regard se porta sur Chat, ou Oneiro. Il attendait. Il avait du se retirer pendant qu'elle dansait, la laissant seule avec la Dame Blanche. Elle lui en fut reconnaissante. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas dansé seulement pour elle-même. Penser qu'elle devait vendre ses danses pour survivre, la rendait malade. En ces moments, elle aurait nettement préféré n'avoir que la partie de son tigre en elle. Mais elle ne pouvait renier ses origines. D'ailleurs, qui le voudrait ? Pas elle en tout cas.

-Fini, le prévint-elle, comme s'il ne l'avait pas remarqué.

Elle se tut un moment, puis ajouta après un moment d'hésitation.

-Merci.

Elle ne savait pas trop ce qu'elle entendait par là, mais sentait qu'elle devait le dire. Taiga eut un petit haussement d'épaules, accompagné d'une moue boudeuse tandis que son regard se voilait de nostalgie mélancolique. Puis ça disparut comme c'était venu, et elle resta là à dévisager le puissant tigre, avec la même curiosité qu'un instant plus tôt. Comme si cet instant de dévouement n'avait été qu'une particule de poussière se confondant dans la nuit noire.



[Désolée pour ce retard involontaire --"]
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Dim 2 Jan - 19:43

Mes oreilles pivotèrent au moment même où le tintement des clochettes cessa d'être aussi régulier. J'écoutais la jeune fille venir vers moi sans bouger, soudainement trop las pour faire le moindre mouvement. Mais la politesse me rappela qu'on ne tourne pas le dos à une dame et je fini par faire face à cette étrange jeune fille. Elle avait l'air comblée et en paix avec elle-même. Surement l'effet de sa prière. Tant mieux pour elle.
Je la considérais un moment, la mine triste mais me hâtais de dissimuler dans mon coeur ce que je pouvais penser. Inutile d'aller lui raconter quoi que ce soit, elle n'en saisirait peut-être même pas la portée. M'étant assis sur le rebord de la fontaine, je me levais et la dominais de toute ma taille. Vue d'ici elle était presque chétive. Elle me remercia et sans être certain de le comprendre comme elle le souhaitait, j'acquiesçais brièvement. Il était temps d'aller se coucher dans un endroit calme.
Comme pour confirmer ma pensée, une brusque bourrasque de vent froid balaya le paysage. Le calme revint un instant puis le vent se leva pour de bon. Simple brise au début, il ne lui fallut que quelques secondes pour devenir un souffle régulier et puissant qui hurlait en passant entre les murs de la capitale tombée dans l'oubli. Un frisson me parcourut l'échine: c'était comme si les millier de morts retrouvaient soudainement leur voix. L'ambiance était passée de sereine à lugubre voire effrayante. La lune était de plus en plus masquée par de lourds nuages. Je n'aimais pas ce brusque changement d'atmosphère.
De nouveau tendu comme un arc, les sens en éveil, je scrutais le paysage désolé, la pupille arrondie pour captée le moindre grain de lumière. Heureusement que la lune était pleine, même de derrière les nuage elle émettait assez de lumière pour que j'y vois très clairement. Ca ne devait cependant pas être le cas de ma jeune amie qui n'avait pas l'oeil d'un fauve malgré ses pupilles fendues. Si ses capacités hors normes lui permettaient de voir, j'espérais qu'elles étaient assez développée pour égaler ou presque les miennes. Car nous nous trouvions dans un décor à faire froid dans le dos et si en plus elle n'y voyait rien, elle avait de quoi s'inquiéter.
Je m'accroupis en face d'elle, un brin inquiet et je posais chacune de mes lourdes pattes sur ses épaules fragiles. Je vrillais mon regard dans le sien, les oreilles tournées vers l'arrière pour ne pas me faire surprendre. D'une voix grave je lui murmurais:


-La mort reprend ses droits. Tes prières l'on chassé un moment mais voit comme la désolation de ses terres est puissante: même la lune ne peut rien cette nuit et pourtant, elle est pleine. Taiga, tu as le tigre en toi. Tu dois le sentir au fond de toi: le danger guète. Je crois être plus tigre que toi malgré mes mots humains. Si tu le veux bien, je te guiderai cette nuit dans un endroit sur pour dormir. Une fois là-bas, j'aimerai te parler assez longuement. Prépare ton coté humain car tu vas devoir me parler toi aussi.-

Je m'interrompis un moment, le nez au vent. Quelque chose de peu rassurant me parvenait mais c'était ténu. Nous avions encore du temps devant nous mais le moment était mal choisi pour trainer. Cependant, je devais mettre les choses au point pour les prochaines minutes voir heures à venir. Car une fois que nous aurions quitté la place il faudrait faire le moins de bruit possible. Le vent réveillait des prédateurs terribles. Je fixais de nouveau la jeune fille.

-Tu vas décrocher les clochettes. Tout de suite. Et tu vas chercher tes affaires. Enveloppes les clochettes dans un tissu, elles ne doivent pas tinter. Tu vas devoir attendre pour te changer. Promis, nous irons le moins loin possible pour que le voyage te soit facile dans cette tenue. Pas un mot, pas un bruit. Il rôde par ici quelque chose de mauvais. J'ai une idée d'un endroit calme où passer la nuit. Maintenant vas, je surveille le coin. Appelles le tigre ce soir, tu vas avoir besoin de lui pour voir, te déplacer et écouter.-

Je la lâchais et la dépassais dans un silence absolue. Mes coussinets faisaient leur travail et j'étais une ombre parmi tant d'autres. Comme dans un rêve, je retrouvais ma position animal, à quatre pattes,bien que mes postérieurs soient faites pour marcher debout, cela ne m'handicapait pas du tout. Avec force et souplesse je sautais de nouveau sur le piédestal et me tint là, accroupis, scrutant avec une attention particulière toutes les entrées de la place.
Si nous avions de la chance, nous éviterions les monstres volants. Je ne leur ai jamais donné de nom, j'ai d'autres chats à fouetter, mais j'ai déjà eu a faire à eux de nombreuses fois et seul ma petite taille de chat m'avait sauvé la vie. J'avais toujours pu me faufiler dans les décombres loin de leur serres terrifiantes. Ils étaient noirs, sans plumes, leurs ailes étaient bien souvent de cuir et leur regard glaçant. Silencieux comme la mort, leurs serres pouvaient trancher jusqu'à la pierre et étaient assez large pour me prendre presque entier sous ma forme de tigre. Ils avaient tous deux têtes... De vrais cauchemars volants. L'avantage c'était qu'on les repérait très facilement à l'odeur: même sous le vent on pouvait les sentir venir: une atroce odeur de viande pourrie en décomposition. Comme ils ne sortent que la nuit, je n'ai jamais su s'ils étaient pourris eux même ou si c'était ce qu'ils mangeait qui sentait comme ça.
Nerveux, je lançais dans un murmure:


-C'est bon ? On peut y aller ?-


Je baissais le regard pour voir où en était Taiga sans relâcher la vigilance pour autant.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mar 4 Jan - 14:32

Pendant un moment, ni l'un, ni l'autre ne parla. Un silence respectueux planait dans l'air. Silence durant lequel le monde semblait s'être arrêté. Mais la réalité ne tarda pas à les rattraper, et bientôt, ses cheveux entrèrent dans une danse endiablée, rythmée par le vent. Froid. Glacé. Il cinglait violemment son visage, embuait ses yeux, durcissait sa peau. Ses sourcils se froncèrent, et elle laissa échapper un grondement sourd. Ce n'était pas un vent qu'elle appréciait. Le vent augmentait en puissance. Bientôt, son hurlement se répercuta dans la ville ruinée, porteur d'une ombre funeste. Il était aisé de voir jusqu'à quel point les climats se succédaient, tous plus extrêmes les uns que les autres. C'était un appel à la mort, le messager d'une magie sombre, obscure et ténébreuse, peut être bien celle à l'origine de cette apocalypse. Même si la jeune Hut s'était habituée au changement climatique, la force orageuse du vent était un cas à part. Elle l'aimait, en temps normal. Elle aimait sentir le vent fouetter son visage lorsqu'elle courrait dans les plaines, courir jusqu'à l'impression de s'envoler, courir jusqu'à ne plus sentir l'herbe sous ses pieds. Dans ces moments, il lui semblait dépasser le vent lui-même. Lorsqu'elle ne courrait pas, elle aimait la petite brise malicieuse qui lui caressait tendrement le visage, faisant élégamment danser ses cheveux. Elle aimait entendre le vent déchaîné, hurler sa colère, étendre son voile menaçant sur le monde. Mais ce vent n'avait rien de ceux qu'elle avait connu, et Taiga ne pouvait que le maudire et le détester.
Les nuages avançaient rapidement. Trop rapidement. La Dame Blanche ne pouvait que diffuser de minces rayons de lumière. Oneiro, attentif, les sens en alerte, semblait se concentrer sur le paysage, comme guettant quelque chose. Taiga avait parcouru le monde. Cela ne faisait guère longtemps qu'elle se trouvait ici, et ne connaissait pas vraiment les alentours. En revanche, elle savait les dangers qui suivaient les ténèbres de la nuit, et sa méfiance augmenta d'un cran. Ses membres se raidirent, sublime contraste avec le tintement léger des clochettes, emportées par la puissance du vent.
Elle eut un tressaillement, un mouvement de recul, lorsqu'elle sentit les deux pattes d'Oneiro se poser sur ses épaules. L'instinct de survie luttait en elle, car elle savait qu'il pouvait la briser de ses pattes sans grande difficulté. Mais, la jeune Hut choisi de lui faire confiance. Après tout, c'était grâce à lui si elle se trouvait là. De plus, il demeurait un tigre. Elle ne pouvait le renier, ses traditions le lui interdisaient.


-La mort reprend ses droits. Tes prières l'on chassé un moment mais voit comme la désolation de ses terres est puissante: même la lune ne peut rien cette nuit et pourtant, elle est pleine. Taiga, tu as le tigre en toi. Tu dois le sentir au fond de toi: le danger guète. Je crois être plus tigre que toi malgré mes mots humains. Si tu le veux bien, je te guiderai cette nuit dans un endroit sur pour dormir. Une fois là-bas, j'aimerai te parler assez longuement. Prépare ton coté humain car tu vas devoir me parler toi aussi.-

Taiga pencha la tête sur le côté, les sourcils encore froncés. Ses paroles, bien que murmurées, raisonnaient puissamment dans ses oreilles. Et malgré la sagesse de ses propos, elle sentit sa fierté piquée à vif. Elle ne pouvait lui en vouloir. Même si son savoir dépassait de loin la sienne, même si elle paraissait un louveteau comparé à lui, il ne connaissait pas sa race. Peut être en avait-il entendu parler. Peut être en avait-il aussi rencontré quelques uns. Il y avait ces probabilités en effet. Mais il ne pouvait pas comprendre. Personne, hormis les Hut eux-mêmes, ne pouvaient comprendre. En même temps, elle-même ne pouvait pas le comprendre, alors... Taiga ne pouvait pas sentir le tigre au fond d'elle. Elle était le tigre. Le tigre et l'homme à la fois. Elle ne sentait pas, elle était. Et là résidait toute la différence. Elle n'avait pas besoin d'être attentive à l'une de ses deux parties pour penser comme le tigre ou l'homme. Elle était les deux à la fois, ce concept ne changerait jamais.
Cependant l'heure n'était pas aux explications. L'heure était à l'écoute et au départ. Elle se contenta de hocher la tête, compréhensive. C'était le plus sage en effet.

-Tu vas décrocher les clochettes. Tout de suite. Et tu vas chercher tes affaires. Enveloppes les clochettes dans un tissu, elles ne doivent pas tinter. Tu vas devoir attendre pour te changer. Promis, nous irons le moins loin possible pour que le voyage te soit facile dans cette tenue. Pas un mot, pas un bruit. Il rôde par ici quelque chose de mauvais. J'ai une idée d'un endroit calme où passer la nuit. Maintenant vas, je surveille le coin. Appelles le tigre ce soir, tu vas avoir besoin de lui pour voir, te déplacer et écouter.-

Cette fois un deuxième grondement sourd s'échappa de ses lèvres. Elle ne put s'en empêcher c'était plus fort qu'elle. L'humain qui se tenait en elle,, pouvait se vexer facilement, et le tigre réagissait inconsciemment, à ce qu'il classait comme un outrage. Mais, une fois encore, Taiga demeura calme et impassible. Sa raison et l'odeur de mort qui planait dans l'air étaient assez explicites pour ne pas répliquer agressivement. Elle allait faire ce qu'il allait lui demander. Mais un Hut n'obéissait que s'ils en avaient envie.
Tournant brusquement les talons, elle retourna derrière la ruine, chercher ses affaires. Retirant ses clochettes, elle les enveloppa avec amour et tendresse dans l'une de ses robes. Puis, elle enleva sa robe, remit sa tenue habituelle. Même si elle était loin d'avoir les caractéristiques d'Oneiro, elle n'aurait pas trop de problème à le suivre. La question de l'endurance ne se posait même pas, car c'était sans doute le domaine dans lequel elle était le plus douée. Mais elle ne pouvait risquer d'abîmer sa robe. Elle se devait être impeccable chaque fois qu'elle dansait pour la Dame Blanche, les soirs de pleine lune. Elle entendit distinctement Oneiro lui parler, mais se refusa à répondre. Elle mit son sac derrière elle, comme elle en avait l'habitude, puis bondit d'un saut gracile derrière le restant de muret. Ses traits avaient pris une expression sérieuse, voire menaçante. Féroce, indépendante, loin de l'insouciance des derniers instants, Taiga était plus que prête à affronter la nuit et ses dangers.
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MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mar 4 Jan - 16:33

Enfin, ce n'étais pas trop tôt !
Je constatais avec agacement qu'elle s'était changée. Voila pourquoi j'avais poiroté aussi longtemps. Mais après tout, ça me libérait de la contrainte de trouver un refuge rapidement. Je pourrais aller plus loin et plus vite si elle pouvait bouger rapidement. D'un hochement de tête et sans montrer mon agacement pour cette attitude qui me semblait être de l'entêtement puéril, je la dépassais sans un mot après avoir sauté à terre dans un bruit à peine perceptible. Je filais à grandes enjambées mesurées vers l'une des avenues qui donnaient sur la place. Nous étions en terrain dégagé et je ne pouvais pas supporter cet impression de vulnérabilité. Je pouvais me défaire de presque toutes les créatures qui peuplaient la nuit mais je ne pouvais pas le faire pour deux. Et face aux oiseaux de tempête, Taiga n'avait objectivement aucune chance. Elle était trop grosse pour se glisser entre deux plaques de béton et avait la peau trop fragile pour résister à ma morsure des griffes cruelles. Plus vite nous serions à couvert et mieux cela vaudrait.
Dès que possible je me glissais contre un mur et avançais sans m'en décoller, dans l'ombre. Je ne faisais pas à attention à ce qui se passais derrière moi, tous mes efforts était concentrée sur l'avant. Et sur la recherche d'un ancien immeuble. Malheureusement, tous ceux que nous dépassions étaient trop en ruine ou condamné par des gravats. J'étais de plus en plus mal à l'aise: entre les hululements sinistres du vent et l'absence total d'indices sur d'éventuels ennemis, il y avait quelque chose qui clochait par ici. Nous n'étions pas dans ce que j'appelais "une zone sécurisée". Je n'avais jamais exploré par ici, qui sait ce qui pouvait se tapir dans les recoins d'ombre qui nous encerclait. Je gravis en silence un monstrueux amas de décombres qui bouchaient toute l'avenue. Les immeubles de part et d'autre s'étaient entièrement écroulé et il fallait escalader leur ruine pour passer. Arrivé au sommet une odeur poignante me prit la gorge et tout mon corps se raidit. Un grondement rauque sortit de ma gorge et me regard se posa au pied des gravas: un oiseau tueur gisait au sol, mortellement blessé. Il remuait faiblement, tentant de ramper dans la boue imbibée d'une substance noirâtre qui devait être son sang. Je descendis avec milles précautions, opérant un crochet sur la gauche pour éviter de foncer sur la créature. J'étais cependant intrigué: qu'est-ce qui avait pu faire ça à une chose aussi dangereusement puissante ? Une fois le plancher des vaches retrouvé, je m'approchais en silence du cadavre qui se vidait de sa vie. Je pu constater que l'oiseau était complètement éventré et gisait dans ses propres entrailles.
J'avais déjà eu droit à trop de visions d'horreur pour me soucier de celle là et m'en émouvoir. Non, ce qui m'inquiétait le plus c'était de constater qu'il avait simplement été tué et non dévoré. Cela voulait dire deux choses: qu'il y avait dans les parages une chose assez habile pour tuer un rapace nocturne et également qu'elle était plus intelligente qu'un simple prédateur lambda. Soit elle avait tué pour pouvoir s'enfuir, soit pour préparer un piège.
Quand l'idée me traversa l'esprit j'interrompis mon mouvement vers l'avant et reculais avec précipitation, me recroquevillant dans un coin d'ombre. A présent invisible, j'observais le coin: à part les deux immeubles effondrés, tout le reste était en plutôt bon état et on pouvait compter jusqu'à cinq étages. La cachette idéale pour voir sans être vu, surtout quand les vitres sont un concept inexistant dans le paysage. N'importe quoi pouvait surgir. Mais rien ne venait. Etait-ce donc un voyageur qui avait tué la bête pour mieux fuir ? Ou une autre créature de l'enfer ?
Peu importait, je ne voulais pas m'attarder. Après un dernier regard à la chose qui mourrait lentement je repris ma route tout en restant le plus invisible possible. Finalement, il fallut marcher assez longtemps avant qu'on ne trouve ce que je cherchais: un immeuble en bon état donc la porte était ouverte. J'entrais après une brève inspection. Il faisait presque nuit noir et seul un peu de lumière venait donner un peu de relief à ce hall d'entrée. Les lieux étaient plutôt moderne: vaste pallier avec un box pour le concierge, cages d'ascenseurs et une entrée pour l'escalier. Je repérais tout de suite ce qui m'intéressais: une porte avec un très vieux écriteau qui indiquait "sous-sol". La voie était libre, je me faufilais jusqu'à ladite porte et tentais de l'ouvrir. Elle résista. Parfait ! Rien n'était donc entré ici pour le moment, quelle chance ! Mais à présent je devais ouvrir et je n'avais pas les clés. Priant le souvenir de mon amour pour ne pas faire trop de bruit, je pris un peu d'élan et d'un coup d'épaule, je défonçais l'entrée du sous-sol. Le fracas épouvantable fut en partit couvert par le bruit du vent mais l'inquiétude me prit aux tripes. Je passais le nez par l'entrée et le fronçait aussitôt: ça puait tellement le renfermé qu'il n'y avait aucun doute quand à la sécurité du lieu. Rien ni personne n'était entré ici depuis de nombreuses années. Je poussais sans ménagement Taiga dans l'escalier pour la faire rentrer et je refermais la porte derrière moi. Bon, cette fois 0 lumière, on était un peu mal... mais à l'abri. Une patte contre un mur, nez et oreilles fonctionnant à 100% de leur capacités, je descendis l'escalier. Il n'étais pas très long mais on sentait qu'on était désormais sous le niveau de la terre. Je posais mes pattes sur le sol en béton froid et attendis le moindre signe de vie. Mais rien ne troublait la paix des lieux mis à part ma respiration et celle de la jeune fille. J'allais continuer mon chemin plus avant mais je butais contre quelque chose. Je grondais de mécontentement un court instant avant de me pencher pour tâter ce qui entravais ma route: ça ressemblait à une grosse boîte ou alors un coffre ou une malle. Je trouvais la jointure du couvercle et le soulevais. J'en tirais ce que je pensais ne jamais trouver: des bougies ! La concierge devait être habituée aux pannes de courant car il y avait un joli paquet de longues bougie dans un sachet mangé aux mites. Je pouvais sentir leur texture lisse et froide, leur forme allongée et la mèche au bout.
Bon, on était content, on avait des bougies...Sans feu. Et bien tant pis, nous resterions dans le noir. Je susurrais le plus bas possible à Taiga ce que je venais de découvrir. Ma voix sembla un roulement de tonnerre dans la parfaite immobilité des lieux. C'était la première fois que je me souciais d'elle depuis notre départ, le reste du temps mon attention ayant bien d'autres chats à fouetter.


-Si tu sais ce qu'est une bougie, sache que je viens d'en trouver. Je crois que nous avons de la chance ce soir. Mais on ne pourra pas les allumer. En tout cas pas moi, je n'ai rien sous la patte. Il ne reste plus qu'à discuter dans le noir.-

Charmante perspective. Mais c'était mille fois mieux que de le faire dehors. Cette histoire de boucherie de piaf-démon me titillais toujours.

[PS: si je vais trop vite et que je t'empêche d'agir par exemple à la découverte de l'oiseau, dis le moi et je couperai mon texte. Je mettrai la suite dans un prochain post =)]
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RP : Vent frais, vent du matiin (Oneiro)
MessageSujet: Re: Vent frais, vent du matin [ LIBRE ]   Mar 18 Jan - 12:48

Taiga resta de marbre devant le regard légèrement furieux de monsieur Chat (elle aimait se qualificatif). Il ne perdit pas une seconde de plus pour se retourner, et tracer déjà son chemin vers un lieu plus sûr. D'un bond souple et gracile, la jeune Hut le suivit. Elle ne perdit pas de temps, elle filait derrière lui, gracieusement, nullement gênée par son rythme. Taiga excellait dans la course, son point faible demeurant la puissance et la force de ses frappes. Mais pour l'endurance et la course, elle figurait parmi les meilleurs de son peuple. Elle avait même réussi à battre un jaguar, ce qui relevait de l'exploit. Mais Taiga n'en était nullement surprise. Courir était l'une de ses occupations favorites avant la danse. Un sport dans lequel elle se sentait elle-même, où elle pouvait totalement se fondre dans l'animal qu'elle habitait. La pensée de ne jamais courir la rendait malade. Elle ferma donc à demi les yeux, ronronnant presque, tandis qu'elle suivait Oneiro. Cependant, malgré son plaisir, elle n'en perdit pas moins sa prudence, totalement focalisée sur l'environnement qui les entourait. Hostile, semé d'embûches, il n'était pas question de le voir comme un agréable lieu de promenade. Il en était bien loin.
Elle se colla contre le mur également, imitant de ce fait son guide. Elle avançait avec la plus extrême des prudences, ses sens en alerte, attentive aux moindres bruits. Les sons sinistres lui faisaient penser aux cris de désespoirs lâchaient par des torturés à la porte de la mort. Ils étaient tellement effrayants, tellement macabres qu'elle en frissonnaient presque. Un léger coup d'œil à Oneiro lui indiqua qu'il n'était pas rassuré. Il paraissait même assez nerveux, ce qui augmenta son propre malaise. Le paysage défilait devant ses yeux. Des bâtiments en ruine, jonchés de pierres poreuses, de carcasses en décomposition, et d'ossements rongés par les mites. Soudaine, une forte odeur la submergea brutalement. Trop brutalement pour qu'elle soit naturelle. Une bête informe gisait sur le sol, agonisante, aux portes de la morte. Les cheveux de la jeune Hut se hérissèrent, tandis que la bête en elle se préparait à bondir. Elle n'était pas la seule à redoubler de méfiance. Oneiro paraissait encore plus sur ses gardes, redoutant certainement quelque chose qu'elle ignorait. Cela ne l'étonnait pas. Taiga était trop nouvelle pour connaître les pièges dissimulés à chaque centimètre. Elle n'avait qu'un rapide aperçu des bêtes qui rôdaient ici la nuit, mais n'avait pas fait de rencontres qui auraient pu réellement mettre sa vie en péril. Ici, Taiga vivait dangereusement, et chaque jour était un combat. Mais, pour le moment, il n'y avait rien eu de vraiment dangereux. Et la jeune Hut se demandait combien de temps cette situation allait encore durer.

Oneiro préféra ne pas s'attarder, et reprit rapidement la marche. Les minutes s'écoulaient, la nuit aussi, et ses ombres également. Taiga bondissait, trottinait, virevoltait avec aisance, les sens en alerte, constamment sur ses gardes. Elle suivait prudemment son guide, l'œil aux aguets. Finalement, ils entrèrent dans un bâtiment moins croulant que les autres, en assez bon état. Du moins, comparé à ceux qu'ils avaient dépassés. L'architecture était assez étrange, Taiga n'en avait jamais vu de pareil. Elle supposa que cela devait être assez confortable et originale dans le temps. Son regard se riva sur un objet rectangulaire. Une sorte de boîte, ouverte en deux, remplie de poussières et de cadavres d'insectes. Enfin, elle aurait pu ressembler à une boîte de son pays, si elle ne possédait pas une multitude de compartiments. Visiblement, ils faisaient les choses en grand dans ce pays. Enfin, ils avaient fait plutôt. La Hut fut sortie de ses pensées par un boucan infernal, qui ne manqua pas de la faire sursauter. D'un mouvement rapide, elle se mit en position défensive, ses "crocs" en avant, les cheveux formant une touffe pas possible sur sa tête. Mais ce n'était que Oneiro qui ouvrait une porte. Légèrement rassurée, elle ne se détendit pas pour autant, écoutant avec intérêt les bruits de l'extérieur. Si seulement il lui avait demandé au lieu de faire des siennes ! Elle n'aurait pas fait autant de bruit. Voilà l'un des avantages d'êtres à moitié humaine. Son peuple pouvait aisément s'occuper des choses délicates, qui demandaient de la précision et des doigts fins et agiles. Fronçant les sourcils, ce fut à son tour de lui lancer un regard désapprobateur. Regard qui ne dura guère longtemps car elle fut aussitôt violemment tirée à l'intérieur de la pièce. D'un mouvement brusque elle se dégagea, un grondement menaçant s'élevant de sa gorge. Elle ne faisait peut être pas le poids face à lui, mais cela ne l'autorisait cependant pas à faire preuve d'autant de familiarité. Elle demeurait une Hut indomptable, et certains de ses principes ne pouvaient être changés. Aussi, même si elle n'avait aucune chance, elle n'hésiterait pas à engager le combat si jamais il venait à se montrer trop irrespectueux dans ses gestes.

Le noir l'aveuglait presque. Taiga distinguait de vagues formes au sol, la plus imposante demeurant la silhouette ténébreuse et imposante de Oneiro. Elle l'entendit vaguement gronder, mais n'y prêta pas plus d'attention que ça. S'ils avaient encouru un quelconque danger, il n'aurait pas grondé aussi subtilement. Taiga aimait les nuits noirs, elles lui reposaient agréablement les yeux. Mais ce noir-ci était étouffant. Elle se sentait prisonnière, enfermée entre des cloisons épaisses, qui ne lui offraient aucune porte de sortie. L'atmosphère était des plus oppressante et Taiga ne désirait qu'une chose, sortir d'ici.


-Si tu sais ce qu'est une bougie, sache que je viens d'en trouver. Je crois que nous avons de la chance ce soir. Mais on ne pourra pas les allumer. En tout cas pas moi, je n'ai rien sous la patte. Il ne reste plus qu'à discuter dans le noir.-


Sa voix ressemblait aux lointains roulement de tonnerre qui se faisaient entendre lors des orages tumultueux. C'était assez impressionnant, mais étrangement rassurant. Taiga ne répondit pas. Elle farfouilla un moment dans son sac, et en sortit deux pierres aux bords pointus et coupants. Ils étaient usés à force d'avoir été utilisés, mais la Hut savait qu'elle pouvait encore allumer du feu. C'était sans doute les dernières fois qu'elle les utilisaient, mais elle préférait discuter à la lumière du jour plutôt que de rester dans cette ambiance étouffante. A tâtons, elle rechercha les bougies dont il parlait. Ses doigts heurtèrent une boîte avant de se refermer sur un long bâtonnet froid et dur. Esquissant un petit sourire, elle ramena la bougie vers elle. Puis, d'un geste sec, puissant et précis, elle fit se heurter les deux pierres, qui crachèrent quelques étincelles. A sa deuxième tentative, elle put correctement allumer la bougie. La flamme lui permit d'en prendre une autre et de l'allumer également. Cette légère lumière la rassura un peu. Elle projetait des ombres quelque peu effrayantes sur les murs noircis par la poussière et la vieillesse. L'endroit dégageait une insupportable odeur de renfermé, et divers objets éparpillés, jonchaient le sol. Ce n'était pas un palace, loin de là, mais ils n'étaient que tout les deux, et le lieu semblait être le meilleur endroit pour les abriter pour cette nuit.
Se retournant vers Oneiro, elle attendit. S'il avait quelque chose à lui dire, qu'il le fisse en premier.


[Je suis (encore une fois) désolée du temps que je mets à te répondre. En ce moment j'ai pas mal de taff du coup je suis beaucoup plus lente --"]
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